Face à cette situation, notre congrès, doit avoir pour premier objectif de poser les bases d'un nouveau socle idéologique pour la gauche. Celui-ci ne peut se résumer à la reconnaissance du marché au moment où la crise financière internationale démontre ses limites et où ceux qui, il y a peu, exigeaient la plus grande libéralisation possible, réclament aujourd'hui avec autant de force l'introduction de l'Etat pour limiter la casse. Il ne peut pas plus se résigner au capitalisme total dont les habituels thuriféraires reconnaissent aujourd'hui qu'il « marche sur la tête ». Il devra donc donner un contenu concret à la perspective d'une économie sociale et écologique de marché dont nous avons fait notre horizon dans notre nouvelle déclaration de principe.

Cette nécessité implique plusieurs pistes de travail :

1) Réaliser l'intégration entière des préoccupations écologiques à notre programme et penser, dès à présent, les contours d'une société sans pétrole à moyen terme.

2) Définir notre périmètre de la réforme, c'est-à-dire les axes sur lesquels les socialistes doivent retrouver le flambeau de la réforme pour permettre l'émergence d'un nouveau modèle social, compatible avec l'écologie et la réalité des finances publiques. Parmi ceux-ci figurent : - le travail, sa valorisation, sa rémunération, le juste retour des efforts entrepris (intéressement, participation), sa qualité - la protection sociale - l'efficacité de la machine publique - l'éducation partout - les moyens de la cohésion territoriale

3) Proposer une nouvelle lecture de la Mondialisation : L'émergence de nouvelles puissances industrielles et de plus en plus financières, les difficultés du multi-libéralisme, les nouvelles tentations protectionnistes aux Etats-Unis et l'explosion des coûts logistiques, impliquent de réinterroger les coûts de la libéralisation des échanges mondiaux, les stratégies de localisation et de relocalisation des firmes et de sortir du tout ou rien (acceptation / dénonciation) dans laquelle nous sommes depuis longtemps vis-à-vis de la mondialisation. Les socialistes doivent s'occuper à la fois des perdants et des gagnants de la mondialisation. Pleinement européens pour les politiques qui doivent renforcer les régulations du commerce mondial et renforcer les structures de notre offre industrielle, nous devrons définir le cadre financier et institutionnel qui musclera notre appareil de PME/PMI, développera toutes les coopérations industrie recherche et encouragera la création d'entreprises innovantes. Dans cette compétition mondialisée qui risque de durer, la puissance de l'appareil éducatif primaire - universitaire et la force de notre recherche publique sont des avantages comparatifs qu'il faut consolider. Notre analyse de la mondialisation doit aussi intégrer la nécessité de puissantes politiques correctrices des aberrations de la mondialisation libérale (pauvreté, pandémies, conflits et guerres pour les ressources naturelles et l'énergie) et dessiner ce que pourrait être, par opposition, une « mondialité » qui promeuve les idéaux de gauche.

Intégration entière des préoccupations écologiques, plateforme réformatrice véritable, nouvelle approche de la mondialisation : Si notre congrès doit traiter de ces questions il ne saurait, en quelques mois, prétendre que nous disposerons dès à présent des réponses complètes et définitives. Bien au contraire, à partir d'éléments de cadrage idéologique, nous devrons avoir pour volonté de dessiner un programme de travail de 24 mois pour le parti, afin d'élaborer nos positions pour le débat avec la société, par un véritable effort de réflexion et en analysant sérieusement les plateformes des autres partis de la sociale démocratie européenne.